Ce document a pour but de réunir l’essentiel des informations à connaître sur les prothèses de la hanche. A savoir : les principales pathologies qui affectent les hanches ainsi que les symptômes lors de l’apparition de ces pathologies ; les traitements chirurgicaux comme la pose de prothèse, et les traitements non chirurgicaux tels que la rééducation et l’entretien musculaire, les médicaments, l’infiltration… Document qui s’achèvera par les résultats attendus de la pose d’une prothèse, et quelques conseils pour amener à une meilleure hygiène de vie et limiter ainsi les risques d’usure prématurée de la prothèse.

Orthopédie - Arthrose de la hancheLa pathologie de la hanche la plus fréquente est l’arthrose (on parle aussi de coxarthrose), qui correspond au phénomène de dégradation de l’articulation de la hanche, conséquence d’un vieillissement naturel des surfaces articulaires tel que le cartilage (permettant d’effectuer des mouvements sans douleur). La marche est ainsi limitée et l’autonomie réduite. La Nécrose (mort de l’os au niveau de l’articulation de la hanche, notamment le fémur) et les Rhumatismes Inflammatoires (usure du cartilage lié une inflammation des articulations) tels que la Polyarthrite Rhumatoïde et la Spondylarthrite Ankylosante, sont également des pathologies de la hanche qui peuvent toucher toute personne quel que soit l’âge. Certes plus rares mais plus sévères elles aboutissent parfois à l’opération, notamment quand elles deviennent invalidantes.

Les fractures de la hanche sont elles aussi fréquentes et peuvent nécessiter la pose d’une prothèse. Il existe deux types de fractures : celle du col du fémur la plus répandue, et celle de la cotyle (cavité du bassin recevant la tête fémorale ) moins fréquente. Ces fractures peuvent être la cause de survenue d’Arthrose et de Nécrose de la hanche, elles sont donc à prendre au sérieux.

Le principal symptôme de ces diverses atteintes de la hanche est la douleur, qui apparaît plus ou moins rapidement après un certain temps de marche dans les escaliers ou bien après être resté un certain temps en position assise. La douleur se loge dans les différentes parties du bas du corps, et notamment le long de la face avant de la cuisse, avec possibilité d’évolution vers le genou et même le dos. On parlera de douleur mécanique lorsque la douleur se calme au repos comme c’est le cas pour l’arthrose. En revanche, lorsqu’il s’agit des rhumatismes inflammatoires la douleur est dite inflammatoire.

La raideur articulaire fait elle aussi partie des symptômes, la souplesse de l’articulation diminue progressivement, ainsi que l’amplitude des mouvements, ce qui a pour effet de rendre difficile certains gestes du quotidien qui nécessitent de se baisser. La boiterie est l’une des conséquences de ces deux symptômes.

Une opération de la hanche est envisagée seulement si l’état est jugé sévère et invalidant. Comme alternative à la chirurgie, on préconise les traitements et les bons gestes pour une amélioration des conditions de vie du patient. Le port de charges lourdes est déconseillé aux personnes souffrant de la hanche, à l’inverse l’entretien de la masse musculaire et de la souplesse est souhaitable. La rééducation, pratiquée par un masseur kinésithérapeute, est un bon moyen de limiter la gêne occasionnée par la maladie et permet de ralentir sa progression à un stade débutant. Elle permet également, pour certaines pathologies nécessitant une rééducation régulière, de lutter contre la raideur articulaire.

Des traitements médicamenteux tels que les antidouleurs (ou antalgiques), les anti-inflammatoires, peuvent être prescrits en cas de poussées douloureuses ou encore pour les Rhumatismes Inflammatoires, ainsi que les traitements spécifiques aux principales pathologies (Arthrose, Nécrose …).

Autre moyen ne passant pas par la chirurgie : les infiltrations. Elles permettent d’injecter directement dans les cavités articulaires, de la Cortisone (anti-inflammatoires), de l’Acide Hyaluronique, ou encore des cellules souches. Dans certains cas elles permettent de faire disparaître plus ou moins durablement les douleurs, et traitent la pathologie partiellement.

Reste que ces divers traitements ne conduisent pas à la guérison, ils visent seulement à diminuer la progression de la maladie et à soulager la personne atteinte dans son quotidien.

C’est pourquoi, si les traitements non-chirurgicaux ne suffisent plus, et que la pathologie a atteint un stade invalidant, la pose de prothèse est envisagée. Il existe différents types de prothèses adaptées à chaque atteinte de l’articulation, à l’âge ainsi qu’à l’état de l’os. Ces dernières peuvent se limiter au remplacement de la tête du fémur, elles peuvent être fixées par du ciment chirurgical ou non, et ne remplacent que les surfaces articulaires. La prothèse fémorale, simple ou intermédiaire, est l’un des premiers types de prothèse où seule la tête du fémur est à remplacer sans que la cotyle ne soit atteinte. Elle est intéressante dans le sens où il s’agit d’une chirurgie plus légère et offre par la suite la possibilité de procéder à la pose d’une prothèse totale. Ce type de prothèse est proposé dans le cas d’une nécrose de la tête du fémur ou bien d’une fracture de ce dernier

3d rendered illustration of a hip replacementLa Prothèse Totale de la Hanche (ou PTH) est l’intervention la plus pratiquée, elle remplace à la fois le fémur et le cotyle. Les matériaux utilisés visent à garantir une durée de vie optimale de la prothèse et à se rapprocher le plus possible de la hanche naturelle. On trouve habituellement de l’inox et du plastic, mais ils peuvent être remplacés par la Céramique et le Titane. Les prothèses peuvent être fixées à l’os grâce à un ciment chirurgical, ou bien elles sont encastrées dans l’os et recouverte d’un matériel permettant la fixation définitive. L’ouverture de la hanche pour la mise en place de la prothèse peut se faire sur les côtés, ou bien sur l’avant. Les précautions à prendre varient selon l’endroit où se trouve la cicatrice, par exemple la marche ne sera pas forcement autorisée immédiatement.

Les prothèses de resurfaçage permettent de remplacer les surfaces articulaires. Recouvrant la surface articulaire usée, elles sont une alternative à la prothèse totale avec pour avantage de préserver au maximum le capital osseux. Cependant, cette prothèse demande une bonne qualité osseuse, et ne convient qu’à certaines pathologies. Lorsqu’une prothèse se luxe, se fracture ou bien se descelle on procède à une reprise de prothèse totale de la hanche pour remplacer intégralement la prothèse ou seulement une partie.

L’intervention de pose d’une prothèse reste assez lourde et comme dans toute opération il y a des risques à connaître. Le premier est la Phlébite (caillot venant boucher la veine du mollet) qui est dû à une mauvaise circulation du sang suite à l’intervention. Il peut aussi y avoir des risques d’infection de la prothèse et des précautions sont à prendre afin d’éviter une nouvelle intervention. La luxation de prothèse conduit quant à elle, au déboitement de cette dernière (la tête du fémur sort de son logement dans la cotyle). Un problème qu’on peut éviter en faisant attention à ses mouvements (flexion et rotation interne à éviter), et en s’interdisant tout mouvement obligeant à se baisser ou à s’accroupir dans les six premières semaines. Enfin, un autre risque à signaler : le descellement de la prothèse (défaillance dans la fixation) qui apparaît par usure normale (varie selon le poids, l’âge, et l’activité physique), ou suite à une infection de la prothèse.

Reste que l’intervention de pose de prothèse est couramment pratiquée et reste relativement fiable. Les bénéfices varient d’une personne à l’autre selon son état et selon l’avancement de la pathologie. Elle permet le soulagement de la douleur dès les premiers jours même s’il faut attendre un an pour la disparition totale de la douleur. Elle permet aussi l’augmentation de la mobilité articulaire, la récupération d’une marche normale, ainsi que la diminution voir la disparition de la boiterie.

Pour contribuer à la réussite de l’intervention, il est nécessaire que l’équipe chirurgicale comme le patient suivent scrupuleusement les prescriptions pré et post opératoires. Pour commencer, il faut faire le bilan préopératoire, bilan très complet permettant tout d’abord l’évaluation de l’état cardiaque et vasculaire (voir un cardiologue). Par le biais de divers examens et analyses (analyse des urines, radio des sinus, examen dentaire), on saura déceler d’éventuelles infections, à traiter avant l’opération, pouvant être graves et conduire au descellement de la prothèse. Le choix du mode d’anesthésie ne se fera qu’à la fin de ce bilan préopératoire. Après réception des résultats des examens passés, le médecin Anesthésiste décidera du mode d’anesthésie (générale ou locale) le plus adapté à l’état de santé du patient.

Il est important de prévoir d’avance le matériel nécessaire à une bonne convalescence après l’opération : cannes anglaises ou déambulateur et une paire de chaussons pour faciliter la marche ; pince ramasse objet, releveur de siège au WC, enfile chaussette afin d’éviter la luxation de la prothèse suite à geste dangereux.

En général, l’hospitalisation se fait la veille de l’intervention. Les choses à apporter sont les radiographies et le matériel demandé. La préparation opératoire consiste à lutter contre les infections, ainsi il sera demandé au patient de prendre un douche la veille de l’opération avec un produit médical antiseptique, ainsi que le matin de l’intervention, et l’équipe de chirurgiens procédera à l’étalement d’une solution antiseptique efficace sur la totalité du membre. L’anesthésie se fera sous forme d’injection dans la colonne vertébrale (un peu comme la péridurale). Le lendemain de l’opération, il sera d’ores et déjà possible de se lever et de faire quelques pas, la marche ne se fera que deux jours après l’intervention. L’hospitalisation dure généralement 8 jours maximum, et marcher seul sera possible en quelques jours.

A sa sortie, le patient peut, soit retourner à son domicile, ou bien aller en maison de repos (seulement si sa situation l’impose). Des soins infirmiers sont nécessaires pour l’hygiène de la cicatrice et pour l’injection d’anticoagulant, ainsi que la prescription de fer et d’antidouleurs. Les déplacements en voiture sont à éviter pendant une durée d’un mois après l’hospitalisation.

Le quotidien avec une prothèse de la hanche doit se faire en respectant quelques précautions. Croiser les jambes est dangereux, tout comme les gestes en rotation interne et flexion de la hanche, on évitera donc de pivoter sur soi et de s’asseoir sur des sièges bas. Afin de lutter contre l’usure prématurée de la prothèse, il est important de surveiller son poids et d’éviter les charges lourdes. Il faut rester vigilant avec les infections et les traiter le plus tôt possible car même les moins graves peuvent se reporter sur la prothèse.

Enfin, une visite de contrôle ainsi qu’une radiographie seront effectuées par le chirurgien 1 mois après l’intervention, puis 6 et 12 mois, pour finir par une visite de contrôle tous les 5 ans minimum afin de prévenir tout descellement de la prothèse.